Paris à l'époque de Philippe Auguste

Le quotidien

L'approvisionnement

En premier venait le pain, pendant longtemps élément de base de la nourriture.
Il semble que le blé qui alimenta d'abord Paris soit le blé de Beauce, car le marché le plus ancien, dans l'île de la Cité, s'appelait marché de Beauce. Le blé arrivait par la Seine et était déchargé au marché de la Grève (actuellement place de l'Hôtel de Ville). Les moulins du Grand Pont le transformaient en farine. Dès le règne de Philippe Auguste, ce marché devint trop petit et c'est alors que le roi fit ouvrir celui des Halles. L'ordonnance du 12 mars 1322 précisait les heures d'ouverture des trois marchés : celui de la Grève, mentionné ci-dessus : 6 heures du matin, ensuite s'ouvrait celui de la Juiverie, puis en dernier celui des Halles, à 9 heures.

La viande : son acheminement ne dépendait que très peu des voies d'eau. Les troupeaux cheminaient depuis le Maine et le Perche et parfois même depuis le Limousin et la Marche. Les Parisiens étaient de gros consommateurs. Il y avait deux marchés : celui de la place des Pourceaux (à la jonction de la rue de la Ferronnerie et des Déchargeurs), le second sur la place aux Veaux, près de la Grande Boucherie.
On peut lire dans un site consacré à la Grande Boucherie :

"Cet acte de 1211, réalisé sous les auspices de Philippe Auguste...

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" mettait le terme à un long conflit qui opposa les bouchers à leurs propriétaires : les artisans n'avaient guère tard à se montrer mauvais locataires et oubliaient de régler leurs charges, attitude que nous retrouverons tout au long de l'histoire de la Grande Boucherie. Les religieuses portèrent le différent devant Louis VII et obtinrent de ce souverain un arbitrage favorable en 1153 : pour la première, mais non la dernière fois, l'association professionnelle qui allait devenir la Grande Boucherie était abolie. Tous les privilèges des bouchers étaient abolis et, en particulier, le monopole d'installation des boucheries et des vente des viandes dans le Paris intra-muros : " in civitate parisiensi, a porta magni pontis, et nusquam alibi solebant esse carnifices et vendere carnes".

Ci-dessous, un extrait du Journal d'un Bourgeois de Paris :
Année 1416

"Item. la première semaine de septembre ensuivant, fit-on défense aux bouchers que plus ils ne vendissent leur chair sur le pont Notre-Dame, et en cette dite semaine

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commencèrent à le vendre en la halle de Beauvais, au Petit-Pont, à la porte Baudet, et environ 15 jours après commencèrent à vendre devant Saint-Leufroy au Trou-Pugnais.(...)

Item, fut crié cette dite semaine que lesdits étals de boucherie seraient baillés au profit du roi au plus offrant, et que lesdits bouchers n'y auraient quelque franchise. Item, le mois d'octobre ensuivant, fut commencée la boucherie du cimetière Saint Jean, et fut achevée, et (y) vinrent vendre ceux de derrière Saint Gervais, le premier dimanche de février audit an."

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Le vin
Plus apprécié que la cervoise et la bière, il constituait une des principales consommations des Parisiens.
Une grande partie venait des vignes que les bourgeois possédaient alentour.

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"Dès 1121 ils avaient obtenu des privilèges comme producteurs et marchands de vin. En 1192 Philippe Auguste leur concède qu'aucun de ceux qui mènent par voie d'eau du vin jusqu'à Paris ne puisse le décharger dans cette ville, sauf s'il est marchand résidant à Paris et connu comme tel selon le témoignage de 'loyaux hommes' de la capitale. Le vin de primeur, essentiellement le 'vin français' (d'Ile de France et de Champagne) arrivait dès le début de septembre lorsqu'un été ensoleillé avait permis de vendanger dès la mi-août, mais ces arrivages cessaient dès la fin novembre. Il était relayé dès octobre par les vins de Bourgogne ou d'ailleurs, notamment d'Orléanais. Le transport s'effectuait principalement par eau."
C'est le vin qui faisait l'objet des plus lourdes taxes. C'est pourquoi apparurent des guinguettes, à la périphérie de la ville, qui n'était pas soumises à ces taxes, et où le vin était notablement moins cher.

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