Paris à l'époque de Philippe Auguste

Le quotidien

Les orages

Extrait du "Journal d'un bourgeois de Paris"

1409

L'an 1400 et 9, le jour de la mi-août, fit tel tonnerre, environ entre cinq ou six heures du matin, qu'une image de Notre-Dame, qui était sur le moutier de Saint-Ladre, de forte pierre et toute neuve, fut du tonnerre tempêtée et rompue par le milieu, et portée bien loin de là; et à l'entrée de la Villette Saint Ladre, au bout de devers Paris, furent deux hommes tempêtés, dont l'un fut tué tout mort, et ses souliers et ses chausses, son gipon furent tout dessirés, et si il n'avait point le corps entamé; et l'autre homme fut tout affolé.

1410

Et en ce temps fut la rivière de Seine si petite, car oncques on ne la vit à la Saint Jean d'été plus petite qu'elle était à la Saint Thomas devant Noël ; et néanmoins, par la grâce de Dieu, on avait à Paris en ce temps, environ cinq semaines après l'allée des gens d'armes, très bon blé pour 18 ou 20 sols parisis le setier.

1411

Nota que le mardi darrain jour de juin 1400 et 11, jour de Saint-Paul, environ huit heures après dîner, grêla, venta, tonna, espartit le plus fort que homme qui adonq fut eût oncques vu.