Paris à l'époque de Philippe Auguste

Le quotidien

Les inondations

Un vieil analyste nous dit:

1119

"Durant l'hiver de 1119, il tomba des pluies excessives, les Parisiens virent des gouffres énormes que les fureurs de la Seine débordée creusèrent dans les demeures et leurs maisons." En 1125 l'hiver fut très rigoureux, et dans l'année 1175 il y eut des crues périodiques de la Seine.

1196

Un vieil analyste nous dit:

En 1196 une grande inondation est relatée par Rigord:
"L'an du Seigneur 1196, au mois de mars, il y eut des débordements de la rivière qui submergèrent, dans plusieurs endroits des villages entiers avec leurs habitants, et rompirent les ponts de la Seine. Le clergé et le peuple de Dieu, à la vie des signes et des prodiges qui les menaçaient dans le ciel et sur la terre, craignirent un second déluge...

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et le peuple fidèle se mit en dévotion avec des gémissements, des larmes et des soupirs. On faisait des processions, à pieds nus. ... Le roi Philippe suivit lui-même ces processions comme le plus humble de ses sujets avec des larmes et des soupirs. Le Saint Couvent du bienheureux Denis portant le saint clou du Seigneur, avec la couronne d'épines et le bras du saint vieillard Siméon, bénit les eaux en croix et dit :"Au nom du signe de la sainte Passion, que le Seigneur ramène ces eaux dans leur lit." Et en effet, quelques jours après la colère de Dieu fut apaisée et les eaux rentrèrent dans leur lit. Elles atteignirent sans doute une élévation considérable, car le roi fut obligé pour s'y soustraire, d'abandonner son palais de la Cité ; il alla se réfugier avec son fils à l'abbaye de Sainte Geneviève, tandis que l'évêque de Paris, Maurice de Sully, cherchait un abri dans celle de Saint Victor."

L'eau monta jusqu'aux stalles qui ornaient le pourtour extérieur de Notre Dame.

"Les ponts furent emportés. La Seine charriait des cabanes dans les quelles il y avait des morts et des arbres entiers qui formèrent binetôt un barrage lequel rejetait des deux côtés de la rive avec une violence inouïe et un bruit de cataracte. Cette inondation dura seize jours et réduisit à la famine les habitants de la Cité."

1206

En 1206, écrit Orderic Vital, la pauvre ville de Paris, chef de ce royaume estoit affligée d'un tel déluge qu'on ne pouvoit presque aller par les rues, sinon par bateau, de sorte qu'une bonne partie de ses édifices et bastiments on voyait abattus, les autre en grand bransle, et prests à estre démolis ...

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et boulversez par l'impétuosité et violence des flots, brief c'estoit une telle misère et calamité qu'on eust sceu guère voir de mémoire d'hommes jusques à la ce que le petit pont quoi qu'il fust de pierre forte, estoit nonobstant tellement esbranlé que l'on attendoit austre chose sinon qu'il vint à cheoir, on descendit la châsse de Sainte-Geneviève et on la porta en l'église Notre-Dame comme de coustume, contre un tel danger afind que comme un Moyse elle servit de mur et de rempart entre Dieu et son peuple."

En 1219 l'eau monta jusqu'au deuxième étage des maisons de la Cité.

Les années 1120, 1235, 1240 et 1242 connurent aussi des inondations sur lesquelles on possèdent peu de documents. Mais les plus mémorbles eurent lieu en 1281 et 1296 sous le règne de Philippe le Bel.

1296

Le 20 décembre 1296 les eaux se répandirent dans presque toutes les rues de Paris, renversèrent le bâtiment du Petit Châtelet. Elle dura jusqu'aux premiers jours de janvier 1297. Les maisons du Pont au Change avaient six ou sept étages. On peut estimer qu'environ 8000 artisans et boutiquiers logeaient sur ces ponts. Un chroniqueur rapporte:

"C'était un spectacle navrant de voir à l'approche des tempêtes et débâcles mille à douze cents familles se sauver emportant leurs meubles les plus précieux dans la crainte de voir s'effondrer leurs cases dans la rivière courroucée."

Sources :
Les inondations de Paris à travers les âges
Cité et Marais
MDCCCX