Paris à l'époque de Philippe Auguste

Le quotidien

Les métaux

La corporation la plus importante de ce groupe est celle des orfèvres "L'industrie des orfèvres, dit Jean de garlande, frappe sur une enclume de fer avec de légers marteaux des platines d'or et d'argent en enchâsse des pierres précieuses dans les anneaux dont se servent les barons et les nobles dames." Cette définition est incomplète. Elle laisse de côté toute une partie de l'orfèvrerie, celle qui a trait au culte et à l'ornementation des édifices publics ou privés. C'est pourtant dans l'orfèvrerie d'église que les artistes du Moyen Age ont excellé. Les trésors des cathédrales et les musées sont remplis d'oeuvres d'art, châsses, reliquaires, ostensoirs, croix d'autel, qui témoignent d'un travail patient et ingénieux. Les orfèvres faisaient grand usage de l'émail dont les diverses parties étaient fondues et coulées et qu'on employait tantôt comme fond de couleur pour faire ressortir les figures en relief, tantôt comme une couleur que l'on adaptait sur les reliefs eux-mêmes. La nielle était aussi très employée.

Les orfèvres fabriquaient encore la vaisselle d'argent, les hanaps, aiguières et plateaux.
Les cristalliers de pierres faisaient des objets en cristal, pierres fines et aussi en verre naturel ou peint ; ils avaient défense de mêler ces diverses substances. Malgré une certaine habileté, ils étaient loin d'égaler leurs rivaux d'Italie et surtout ceux de Venise où les premières glaces soufflées venaient d'être fabriquées.

Les batteurs d'or et d'argent à filer (t.XXXI) et les batteurs d'or et d'argent en feuilles étiraient ces métaux pour les réduite les premiers en fils d'or et d'argent, les seconds en feuilles d'une ténuité extrême. Ainsi transformé, l'or servait à l'ornementation des églises, à la parure féminine, à l'enluminure des parchemins, et autres usages.

Histoire des Corporations de Métiers
Etienne Martin Saint-Léon
1e édition 1897, 2e édition : 1909, 3e édition: 1922
p.204-5