Paris à l'époque de Philippe Auguste

Le quotidien

L'habillement

Quelques notions sur le costume au XIIIe siècle sont nécessaires pour faciliter au lecteur l'intelligence du rôle réservé aux divers métiers de l'habillement. Le costume des seigneurs se composait à la ville et dans les châteaux : en temps de paix de culottes ou braies, d'une longue robe ou cotte hardie tombant jusqu'aux pieds ajustée à la taille par-dessus laquelle on revêtait une tunique appelée surcot et parfois un manteau de brocart ou de soie bordé de vair ; la tête était couverte d'un bonnet de velours appelé mortier. Les dames étaient à peu près mises de même, à la différence de la coiffure qui consistait en un bonnet en pointe d'oü retombait un voile. Il était en outre de mode pour les deux sexes de porter suspendue à la ceinture une bourse de cuir ou aumônière. L'homme du peuple portait les braies ou culottes, une sorte de blouse et un manteau de bure appelée chape ; la femme du peuple une cotte et une chape.

Cette description sommaire du costume permettra de se rendre compte des fonctions des divers métiers. Les tailleurs de robes faisaient les cottes hardies et les surcots ordinaires. Les conréeurs de vair, dont les statuts ne datent que de 1291 faisaient les robes et les manteaux en fourrure ; ils reçurent plus tard le nom de pelletiers. Les boursiers braiers faisaient les braies appelées plus tard hauts de chausses et les bourses en cuir. Les chaussiers faisaient la partie inférieure des chausses ou bas de chausses (que nous appelons les bas) : les chausses étaient en drap ou en toile, quelques fois en soie.

Histoire des Corporations de Métiers
Etienne Martin Saint-Léon
1e édition 1897, 2e édition : 1909, 3e édition: 1922
p.209