Paris à l'époque de Philippe Auguste

la ville

La ville

Le pavage des rues

Philippe Auguste fait paver les premières rues On lit dans la "Chronique" de l'abbaye de Saint-Denis à l'année 1186 :

"Philippe, toujours auguste, retenu alors quelques temps à Paris par les affaires de l'Etat, s'approcha d'une des fenêtres de son palais, où il se mettait ordinairement pour se distraire par la vue du cours de la Seine. Des chariots qui traversaient, en ce moment la Cité, ayant remué la boue, il s'en exhala une telle puanteur que le roi ne put y tenir. Dès lors, il forma le projet d'un travail bien ardu, mais nécessaire, et qu'aucun de ses prédécesseurs n'avait osé entreprendre, à cause des grands frais et des difficultés que présentaient son exécution ; il convoqua les bourgeois et le prévôt de Paris, et, en vertu de son autorité royale, il leur ordonna de faire paver toutes les rues et places de la ville, avec de fortes et dures pierres."

L'origine d'expression comme le "carreau des Halles" vient de certains de ces revêtements appelés "carreaux" lorsque les dalles étaient posées à plat. Il était difficile de se procurer des pavés de grande dimension. En 1296 on mentionne des "rabots" ou "carreaux" : petites dalles de 5 à 6 centimètres carrés et de 16 à 19 centimètres d'épaisseur.
(Il reste des morceaux de pavés utilisés alors, dans le jardin du musée de Cluny.)
Ceci se limita à quelques rues : St Jacques, St Martin, St Antoine, St-Honoré soit les axes nord-sud et est-ouest de la capitale.

Au début du XVe siècle on voit des pavés en forme de cube.

Les informations suivantes sont tirées du livre
La Police de la petite voirie à Paris à la fin du Moyen Age
Katia Weidenfeld
L.G.D.J.
Paris 1996

Après Philippe Auguste

A la suite du pavage des rues décidé par Philippe Auguste, d'autres décisions prirent effet. Les rues commencèrent donc à être pavées en commençant par les voies les plus importantes, les plus décisives pour la vie de la capitale.

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Il s'avéra qu'il incombait à la charge publique de s'acquitter de cette tâche. En laisser le soin aux particuliers aurait posé trop de problèmes. Il eût été injuste d'une part que les particuliers payent pour l'activité commerciale de la capitale de la ville d'une part et d'autre part assez souvent difficile de savoir exactement oÿ était la limite entre les voisins.

Il semble que les travaux de pavage se soient déroulés principalement à la fin du XIVe siècle. Le prévôt des marchands était responsable de l'exécution des travaux, le financement était assuré par les autorités royales.

Ce financement était beaucoup plus important que celui nécessité par l'entretien ou le nettoiement des rues. Il fut donc établi que l'exécution des travaux serait confiée à des professionnels et le financement serait géré par les autorités royales.

Exécution du pavage.

Celui qui deviendra plus tard "paveur juré du roi" s'appela d'abord visiteur des pavements, et relevait à la fois de la prévôté de Paris et de la Marchandise.
Les paveurs en 1397 n'étaient pas encore une communauté mais déjà bien organisés professionnellement. Le prévôt faisait son choix parmi les ouvriers paveurs de Paris.
Le nom de visiteur des pavés laisse à supposer que la tâche consistait en une simple surveillance. En fait il s'agissait de bien plus que cela.


La qualité était surveillée, les pierres n'étaient vendues qu'après avoir été contrôlées. Les paveurs étaient surveillés pendant leur travail. Le visiteur s'occupait aussi bien des rues nouvellement pavées que de déterminer où les anciennes rues devaient être repavées. Le métier de paveur eut un statut en 1502. Ce statut définissait avec précision les règles de l'art du métier, en plus des dispositions corporalistes.


Il s'agissait en fait de codification : reprenant les prescriptions relatives à la visite des pavés, par exemple, on ajouta des nouveautés comme le respect des ouvrages publics et privés permettant l'écoulement des eaux.
Le pavement selon l'endroit de la rue où il se trouvait était de qualité différente, il était renforcé au milieu. Les charrues passaient au milieu de la rue et usaient davantage que le passage des piétons qui se faisait plus près des maisons

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